Le juge et la qualité de la traduction. Feuilleton - épisode 4: qualité de la traduction en aval

ChameauLe juge et la qualité de la traduction. Une série passionnante en huit épisodes d'Isabelle Bambust.

Dans l'épisode précédent, nous avons navigué en amont. Nous avons vu comment des juges en France, aux Pays-Bas et en Belgique jugent la qualité de la traduction en amont n.

Dans cette quatrième section, nous pagayons en aval. Comment le juge aborde-t-il le contrôle de la qualité de la traduction en aval? Vous pagayez toujours?

Gand, Isabelle Bambust - Le contrôle de qualité en amont («en amont») conduit en réalité à un sens naturel de la garantie en ce qui concerne la traduction. "Investir dans une sélection et un recrutement de traducteurs de qualité est un gage de qualité." (26) De la démarche qualité transcendante, cette vérification en amont devrait aboutir à des traductions de qualité.

Pourtant, nous savons tous que ce n'est pas toujours le cas dans la réalité. Dans certains cas, une vérification en aval de la qualité concrète d'une traduction est également effectuée. Cette vérification est ensuite effectuée à partir d'une approche produit. Mais ...

 

Comme le sait le lecteur menotté entre-temps, Isabelle Bambust fait une distinction entre ce qu’elle appelle la qualité de la traduction "et la qualité de traduction" ou amont, et la qualité de la traduction "et la qualité de traduction aval".

La qualité de la traduction en amont est une qualité formelle abstraite: la traduction est de haute qualité si elle répond aux exigences de qualité prédéfinies en ce qui concerne les traducteurs et les interprètes, les inscriptions obligatoires dans les registres, les diplômes à soumettre.

Avec la qualité de traduction en aval, la qualité concrète de la traduction est prise en compte.

L'approche qualité transcendante et l'approche produit sont des approches du domaine de la gestion de la qualité. Isabelle Bambust les applique au secteur de la traduction et au tribunal. Ils forment le fil conducteur de cette série. (voir épisode 1)

 

Quand l'évaluateur lui-même n'est pas un «maître»

Tout le monde ne peut pas être un évaluateur de la qualité de la traduction. Après tout, pour pouvoir effectuer une évaluation complète de la qualité de la traduction, l'évaluateur doit maîtriser les langues source et cible. Dans l'autre cas, la partie vérifiable est limitée à la qualité du texte cible.

Par exemple, dans le cas d’une évaluation approfondie de la qualité de la traduction, le juge devrait souvent faire appel à un expert.

 

"Client" satisfait, tout le monde satisfait?

Il existe une piste pratique qui dit qu'il n'y a pas de problème de qualité de traduction lorsqu'il y a «satisfaction du client», satisfaction du client. (27) Cette piste est donc basée sur l'approche de l'utilisateur: la perspective de l'utilisateur en tant que perspective principale pour évaluer la qualité de la traduction.

Je me demande qui est exactement le client. Est-ce le client, ou le destinataire final / utilisateur de la traduction, ou le payeur de la traduction?

En ce qui concerne la satisfaction du client, il n’est pas du tout certain que l’utilisateur de la traduction soit lui-même capable de procéder à une évaluation de la qualité valable. Sans connaissance de la langue source, il ne pourra que vérifier le texte cible.

Il pourra, par exemple, vérifier si le texte cible est écrit couramment, s'il peut être interprété de manière significative, si la structure de la phrase est correcte ou si le langage utilisé est correct. Mais ça s'arrête aussi là. Il n'y a pas de liaison de contrôle avec le texte source.

Il se peut donc que sa satisfaction ne soit qu'imaginaire. Par exemple, il est possible que certaines données importantes du texte source n'aient pas du tout été traduites dans le texte cible, mais que l'utilisateur ne puisse pas le trouver lui-même. (28)

 

Satisfaction des utilisateurs dans le monde judiciaire

Le concept de «satisfaction client» peut en principe être exclu dans certains domaines, tels que dans le monde judiciaire. Dans les affaires pénales, le juge joue le rôle ultime de gardien des droits de la partie. De cette manière, le juge dispose également d’une sorte de contrôle final responsable de la qualité de la traduction.

Nous sommes ici confrontés à une limite difficile, car une réaction claire est souvent attendue de la part du parti (approche utilisateur). Pour illustrer cela, je vais maintenant examiner un cas français, deux cas néerlandais et quatre cas italiens.

 

Le parti exprime sa réaction - un exemple français

C'est ce que j'ai lu dans l'arrêt de la Cour de cassation française (29) du 8 juin 2016 que “(…) si M. Y ... conteste désormais devant la chambre d'instruction la compétence de M. Z ... et sa maîtrise de la langue russe, en invoquant, notamment, "la performance manifestation insuffisantes", force est de constater, d'une partie, que ce soit aux dispositions de l'article D. 594-2 du code de procédure pénale, aucune observation aux fins de contestation de la qualité de l'interprétation n'a été mentionnée dans le procès-verbal d'audition ou versée au fichier de la procédure établie par les services de police, d'autre part, au moment où il comparait devant le parquet général, ensuite devant le magistrat désigné par le premier président de la cour d'Aix-en-Provence, le 26 septembre 2015, l'intéressé , où tous les assistants et avocats, les traducteurs et les traducteurs qui s'expriment en langue russe ont récemment inscrit la liste d'appel à la cour d'appel d'Aix-en-Provence, n'a pas formulé la moindre remarque ou objection concernant la qualité de l'interprétation effectuée par M. Z ... ”(propre désignation en gras).

 

Le parti exprime sa réaction - exemples néerlandais

Un autre exemple est un arrêt de la cour d'appel d'Amsterdam. (30) Une partie se plaint de la qualité de la traduction d'un rapport pendant la procédure d'appel. Le message de l'arrêt est que la partie aurait déjà dû exprimer son point de vue sur ce problème lors de sa défense dans la présente procédure d'appel.

Il existe également une décision du tribunal du nord des Pays-Bas. (31) Le juge aurait empêché l'avocat de la requérante de donner une explication. Cette explication concernait des parties des réponses du demandeur qui avaient été perdues pendant que l'interprète traduisait les réponses. Cette plainte est formulée à la suite d'une procédure de contestation judiciaire. Le tribunal des Pays-Bas du nord regrette que la qualité de la traduction des réponses n'ait été soulevée qu'après le dépôt de la demande de contestation. Le problème de traduction aurait dû être posé à l'audience même.

 

Le parti exprime sa réaction - exemples italiens

Dans quatre affaires, la Cour de cassation italienne a fait valoir que le manque de qualité de la traduction soulevé par la partie n'était pas spécifiquement mentionné. En conséquence, selon le tribunal, la violation concrète des droits de la défense n’a pas été démontrée. (32)

 

Un droit de plainte dans la directive européenne en matière pénale

Depuis la directive européenne 2010/64 sur le droit d'interprétation et de traduction dans les procédures pénales, nous devons prendre en compte le droit de réclamation de la partie en cas de malentendu concernant une traduction.

Encore le même problème: la partie impliquée ne sera souvent pas au courant d’un problème. Je me demande également si et comment le parti sera informé de cette possibilité de plainte.

Il y a quelque temps, j'ai mené une petite enquête auprès de certains services de parquets belges néerlandophones. J'ai posé des questions sur le nombre de plaintes reçues concernant la qualité des traductions. À part une réponse du procureur de Halle-Vilvoorde, mon enquête n'a donné aucun résultat. Dans un courrier électronique du 8 août 2017, le procureur de Halle-Vilvoorde m'a répondu qu'aucune plainte concernant la qualité de la traduction n'avait été reçue jusqu'à cette date. Est-ce inquiétant? Ou pas, à supposer que toutes les performances de traduction et d'interprétation se soient parfaitement déroulées.

Je constate que ce droit de réclamation correspond en partie à une approche qualité de l'utilisateur. En effet, c'est l'utilisateur qui peut se plaindre de la qualité. Cependant, il ne s'agit que d'une approche utilisateur, car la décision finale en matière de qualité incombera à une autorité judiciaire et non à l'utilisateur plaidant. Seule l’initiative de se plaindre de la qualité incombe à l’utilisateur.

 

Droit de plainte ou obligation de plainte?

Je suis curieux de savoir en quoi ce droit de plainte concerne le rôle de gardien général du tribunal pénal. Le rôle de gardien général obligatoire va-t-il maintenant s'éroder plus systématiquement si le juge estime qu'aucune plainte n'a été formulée à propos de la qualité de la traduction? Je crains que les autorités judiciaires ne demandent de toute façon une plainte.

 

Un contrôle en aval pratiquement impossible

Parfois, en raison d'un empêchement matériel, il est impossible de vérifier la traduction.

Dans l'affaire Lubanga Dyilo, par exemple, le problème suivant est soulevé devant la Cour pénale internationale: «En cas de problème, votre problème est insurmontable, mais faites-le comme jamais. Il n'est pas possible de faire la vérification, au fur et à mesure, la qualité de l'interprétation ou l'honneur. La seule chose que tu as pu avoir, c'est la traduction, ou choisir, événement de l'entendre et swahili, mais on ne peut pas évaluer la qualité de la traduction selon ce que nous avons entendu ce matin. " (33)

Nous constatons également un problème récurrent avec les rapports de police néerlandais établis par les enquêteurs sociaux lors de visites à domicile. Cela se fait directement en néerlandais et avec l'assistance d'un interprète. Donc, il n'y a pas d'écriture dans la langue étrangère.

Dans un arrêt du 5 octobre 2010 (34) une partie contrôlée fait valoir que les déclarations ne peuvent pas être utilisées car elles n'ont pas été traduites correctement par l'interprète et que la déclaration a été faite sous pression.

La chambre de recours centrale constate que "les déclarations ont été rédigées par deux enquêteurs sociaux sur un gage, qu'ils ont été contresignés par l'interprète, (...) que l'appelant a persisté dans la déclaration lue et que l'appelant a refusé de n'a pas mentionné les problèmes de traduction. ”

Le Centrale Raad van Beroep s’appuie donc sur une jurisprudence constante reposant sur l’exactitude des procès-verbaux établis par les enquêteurs sous promesse. Vous voilà ...

 

Dans le prochain épisode, nous regardons par-dessus l'épaule du juge qui doit interpréter des performances de qualité différente.

Le juge et la qualité de la traduction. Feuilleton (introduction)

Le juge et la qualité de la traduction. Feuilleton - épisode 1: Champs & co

Le juge et la qualité de la traduction. Feuilleton - épisode 2: la qualité de la traduction dans le monde judiciaire

Le juge et la qualité de la traduction. Feuilleton - épisode 3: qualité de la traduction en amont

 

 

(26) Voir aussi, par exemple, traductions au Parlement européen, V. MAVRIČ, «Le multilinguisme au Parlement européen», RAE-LEA 2016, no. 3, 344: "Investir dans un bon recrutement est (...) déjà une garantie de la qualité."

(27) M. MAGRIS, "La valeur ajoutée de la qualité de la traduction et de la pratique" en G. BENELLI et G. TONINI (éds.), Étudiante à Carmen Sánchez Montero, Trieste, Éditions EUT Università di Trieste, 2006, 183-189.

(28) Voir P. DOMAINES, D. LA HAYE, GS KOBY, A. LOMMEL, A. MELBY, «Qu'est-ce que la qualité? Une discipline de la gestion et la connaissance du secteur de la traduction ”, Revista Tradumàtica: Technologies de la traduction, 2014, 409: "(…) Les utilisateurs finaux souffrent d'un manque fondamental de compétences en matière de texte source et ne peuvent pas déterminer si le texte cible représente réellement le sens du texte source."

(29) Cour de cassation (France) 8 juin 2016, no. 16-81756.

(30) Cour d'appel d'Amsterdam (Pays-Bas) 22 avril 2016, no. 200.172.375 / 01 OK.

(31) Tribunal des Pays-Bas du Nord (Pays-Bas), 26 août 2013, no. C18 / 142961 / PR RK 13-314.

(32) Cour de cassation (Italie) 29 octobre 2015, nrs. 559-562.

(33) Cour pénale internationale, Chambre de première instance 1, avocat / Thomas Lubanga Dyilo, ICC-01 / 04-01 / 06.

(34) Centrale Raad van Beroep (Pays-Bas) 5 octobre 2010, no. 08-3802 WWB.

 

 


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Auteur: Isabelle Bambust

Traduction automatique: Systran

Post-édition: Cet article n'a pas encore été finalisé.

Langue source: Nederlands (nl)


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